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  • Anne-Lise P

Réflexions sur deux textes bibliques Béatrice Maire

Dialogues

Zacharie chapitre 4

Evangile de Luc chapitre 18, versets 31 à 43

Ces 2 lectures sont celles du guide de lecture, publié par l’EERV, « Un temps pour prier » que vous trouvez, si vous avez la chance de vivre connectés, à l’adresse : http://www.untempspourprier.ch/office/19-novembre-2020/

Depuis le confinement du printemps, je suis ces lectures avec les habitués du recueillement du jeudi matin au temple de Payerne. Nous avons commencé cette pratique afin que, même séparés et chacun chez soi, nous ayons une lecture commune. Voici quelques réflexions qui m’ont interpellée lors du recueillement de ce matin.

Dans le texte de Zacharie, il y a un échange verbal, entre l’ange, messager de Dieu et Zacharie.

L’ange :- Que vois-tu ? - Ne le sais-tu pas ? (2 x)

Zacharie :- Que représente tout cela ? - Que représentent les 2 oliviers… ?

Dans l’Evangile, c’est entre l’aveugle et Jésus que s’établit la conversation, l’aveugle en prend l’initiative.

L’aveugle : -Jésus, Fils de David aie pitié de moi (2x). - Fais que je voie de nouveau.

Jésus : -Que veux - tu que je fasse pour toi ? - Recouvre la vue ! Ta foi t’a guéri.

Dieu pourrait nous asséner des ordres, des visions magnifiques ou des guérisons extraordinaires, sans que nous n’ayons mot à dire. C’est comme çà, point ! Non !

Il invite Zacharie à regarder, à creuser, à réfléchir. L’aveugle quant à lui, est considéré digne d’exprimer son besoin.

Dans ces échanges, il y a de l’estime de la part de l’ange vis-à-vis de Zacharie, tout comme de la part de Jésus, à l’égard de l’aveugle. Les disciples, au contraire, essaient de le faire taire. Il y a également, une sollicitation faite aux interlocuteurs, à s’ouvrir, à entrer dans la démarche, à s’engager.

Dans les versets 31 à 34 de Luc 18, Jésus parle aussi à ses disciples : - Ecoutez !

Ce qu’il dit est des plus précis. Mais voilà les disciples n’y pigent que dalle. Une ombre plane sur eux qui les empêche de saisir de quoi il est question.

Contrairement à Zacharie (4 v 1) qui accueille la vision envoyée par Dieu : - L’ange…vient éveiller mon attention…

Comment nos dialogues avec Dieu peuvent-ils se vivre :

1. Que vois-tu ? Je suis invitée à décrire ce que je vois, ce que je ressens. A demander des explications si je ne comprends pas, à écouter ce qui m’est expliqué, çà ce n’est pas très facile ! Mais néanmoins il semble que cela puisse être un chemin. Cela l’a été pour Zacharie.

2. Qu’entends-tu ? Quel est ce brouhaha, autour de moi, au-dedans de moi. Jésus passe, suis-je digne de faire appel à Lui ? Pour un SOS, une demande précise. Jésus est attentif, accueillant et capable de répondre même si cela me paraît impossible.

3. Je ne vois rien, je n’entends rien ! Pourtant la Parole est présente, claire et explicite. Je ne suis pas capable de recevoir le moindre mot, tout semble obscur. Pour l’instant c’est comme cela, un jour la lumière se fera et la compréhension sera donnée.

Voilà mes quelques réflexions sur ces deux textes, comme je les ai reçus aujourd’hui.

Bonne lecture à vous tous et si les signaux semblent brouillés, gardez confiance, restez à l’écoute, l’œil aux aguets. Demain ou après-demain une lumière, même petite, s’allumera sûrement.

Payerne, 19.11.2020 Béatrice Maire


Pour ceux qui le désirent voici le commentaire sur ces textes que vous pouvez trouver dans « un temps pour prier. »


Passion de Jésus et passion pour Jésus

Chez Luc, la seconde annonce de la passion présente quelques particularités: L’évangéliste ne s'intéresse pas à l'aspect judiciaire de la mort de Jésus, mais souligne l'acharnement physique contre lui.

Ce qui l'attend est un non-sens à vues humaines.

Pourtant, ce non-sens est décrit dans des termes qui rappellent les «justes souffrants» des psaumes.

Dans le non-sens humain s'annonce la réalisation des Ecritures.

Mais le contraste est si fort entre la prophétie et la réalité du Jésus torturé que les disciples ne peuvent comprendre la prophétie.

Il y faudra le dévoilement de l'Ecriture par le Ressuscité sur le chemin d’Emmaüs.

A l'aveuglement des disciples correspond par contraste le miracle de l'aveugle rendu à la vue.

Il y a d'abord un mouvement de l'aveugle vers Jésus qui s'exprime par le cri, l'attente angoissée d'un homme atteint dans son existence. Les mots «Aie pitié de moi!» deviendront liturgiques. Puis il y a le mouvement de Jésus vers l'aveugle: «Recouvre la vue!»

Nous pouvons comprendre cela comme une illustration de l'expérience du salut, du passage de l'aveuglement à la vue de ce qui est invisible.

Dans le livre des Actes, Luc associe une cécité provisoire à la conversion de Paul, et la même expression «recouvrer la vue» y est utilisée.

L'annonce de la passion provoque l'aveuglement des disciples. La passion du cri de l'aveugle, sa foi, lui permet de voir et de se revoir devant Dieu.

Oraison

Dieu très bon,

qui as donné ton Fils au monde

pour en dissiper les ténèbres,

fais chaque jour briller ta lumière

sur la face du Christ,

afin que tous les hommes en soient éclairés

et parviennent à la pleine clarté de ton Royaume.

Nous te le demandons pour l’amour de son nom.


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