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  • Christophe

Message communautaire du dimanche 14 novembre 2021


Comme promis, voici le texte biblique choisi pour les cultes du dimanche 14.11.2021 ainsi que l'intégralité du message, qui est le fruit des réflexions de plusieurs paroissiennes et paroissiens. Bonne lecture !


Marc 14, 1-11


On était à deux jours de la fête de la Pâque et des Pains sans levain. Les chefs des prêtres et les spécialistes des Écritures cherchaient un moyen d'arrêter Jésus par ruse et de le mettre à mort. Ils se disaient en effet :

« Ne faisons pas cela pendant la fête, sinon le peuple risquerait de se soulever. »

Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux. Pendant qu'il était à table, une femme entra avec un flacon d'albâtre plein d'un parfum très cher, fait de nard pur. Elle brisa le flacon et versa le parfum sur la tête de Jésus.

Certains de ceux qui étaient là s'indignaient :

« À quoi bon avoir gaspillé ce parfum ? On aurait pu le vendre plus de 300 pièces d'argent et les donner aux pauvres ! » Ils critiquaient sévèrement cette femme.

Mais Jésus dit :

« Laissez-la tranquille. Pourquoi la tourmenter ? Ce qu'elle a accompli pour moi est vraiment beau. Car vous aurez toujours des pauvres avec vous, et toutes les fois que vous le voudrez, vous pourrez leur faire du bien. Mais moi, vous ne m'aurez pas toujours.

Elle a fait ce qu'elle a pu : elle a d'avance parfumé mon corps afin de le préparer pour le tombeau. Je vous le déclare, c'est la vérité : Partout où la bonne nouvelle sera annoncée, dans le monde entier, on racontera, en souvenir d'elle, ce que cette femme a fait. »

Judas l'Iscariote, l'un des douze disciples, alla proposer aux grands prêtres de leur livrer Jésus.

À cette nouvelle, ils se réjouirent et promirent de lui donner de l'argent. Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour leur livrer Jésus.


Message


Quand on lit ce début du chapitre 14, dans l’Evangile de Marc, on a l’impression de lire trois textes différents.


Tout d’abord, Marc explique que les chefs des prêtres cherchaient un moyen de faire arrêter Jésus pour s’en débarrasser. Ensuite, il y a cet incident provoqué par une femme, alors que Jésus mange à Béthanie avec ses disciples. Elle verse sur sa tête un parfum de grande valeur.

Et à la fin, on nous parle de la trahison de Judas qui se décide à livrer Jésus. Il échange un témoignage à charge, des accusations, contre de l’argent.

Evidemment, ce n’est pas un hasard si les trois parties de ce texte sont posées de cette façon. Dans l’Evangile de Marc, ces douze premiers versets du chapitre 14 marquent un tournant. C’est un « texte charnière » entre la période où Jésus enseignait, la période d’évangélisation si vous préférez, et l’entrée dans sa passion. D’ailleurs, si vous lisez la suite de ce chapitre 14, vous arriverez très rapidement au dernier repas que Jésus partage avec ses amis, c’est-à-dire à l’institution de la Sainte-Cène. Ceux qui m’ont envoyé leurs commentaires l’ont bien compris.


Depuis quelques temps, Judas avait des doutes sur Jésus. Il ne voyait plus en lui le Messie libérateur qu’il avait espéré. L’épisode du flacon de parfum, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ! Cette fois, Judas ne comprend plus on Maître … Alors il décide de le livrer, spontanément et pour de l’argent. Parce que Judas est dans une logique comptable et financière. L’appât du gain l’emporte définitivement sur une foi déjà vacillante. Mais comme le rappelle une paroissienne dans la réflexion qu’elle m’envoie : « on ne peut pas servir à la fois Dieu et l’Argent ».

Et justement, ce jour-là, Judas change de maître, en devenant un traître.

Dans la même veine, un paroissien m’écrit en citant une parole de Jésus : « là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Mt 6, 21). Ce jour-là, Judas a mis son cœur dans les pièces d’argent que lui offraient les chefs des prêtres. Eux qui cherchaient secrètement un moyen de faire condamner Jésus, voilà que Judas devient ce moyen. En livrant son ami aux autorités juives, Judas est le déclic, le détonateur, l’élément humain qui fait entrer Jésus dans sa passion …


Au moment où se déroule cette scène avec cette femme et son parfum, Jésus sait déjà ce qui va lui arriver. D’ailleurs, il l’annonce clairement en disant : « cette femme a d'avance parfumé mon corps, afin de le préparer pour le tombeau ».


Pour Jésus, l’argent n’a aucune valeur. Ce qu’il fait remarquer à ceux qui l’écoutent, c’est l’intention, la motivation et l’intuition des femmes et des hommes qu’il rencontre. Jésus regarde dans le cœur de cette femme, comme il avait regardé dans le cœur du jeune homme riche, à qui il avait conseillé de vendre tous ces biens pour les donner aux pauvres.


Et nous constatons avec lui que l’argent amène la corruption autant que la générosité.

L’argent conduit cette femme jusqu’à la folie de son geste, autant qu’il invite le jeune homme riche au partage. Mais dans tous les cas, l’argent bouscule et perturbe notre raisonnement. L’argent trouble le bon sens de chacun. Méfions-nous du pouvoir de l’argent, qui peut nous conduire au meilleur, comme au pire. Il y a une très grande différence entre celui qui donne avec sa tête et celui qui donne avec son cœur.


Il est parfois difficile de faire la part des choses en tenant compte de nos besoins humains : nos besoins vitaux quotidiens, notre besoin de sécurité, notre besoin d’estime de soi et de reconnaissance. Comment gérons-nous les biens que nous possédons ? Avec notre tête ou avec notre cœur ?

Les chefs des prêtres, eux, usent de l’argent pour asseoir leur pouvoir et pour servir leurs intérêts personnels, lorsqu’ils achètent l’âme de Judas. Alors que cette femme dispose de sa richesse avec générosité et sans calcul. Elle ne donne pas au rabais. Elle n’obéit pas aux règles ni aux usages. Elle met tout ce qu’elle possède, sans compter, au service d’une cause qu’elle croit juste.

Jésus lui-même est une source de richesse, une source de joie et d’amour. Et cette femme recevra beaucoup en échange de son geste, dans la reconnaissance et les encouragements de Jésus.


A juste titre, les paroissiens qui m’ont écrit dépassent le sens comptable de l’argent, pour considérer plutôt la valeur du geste. Qu’importe que ce parfum représente 300 pièces d’argent, l’essentiel est de comprendre l’énorme sacrifice consenti par cette femme.

Verser un parfum de ce prix sur la tête de Jésus, c’est dire sa royauté, c’est le reconnaître comme le Fils de Dieu, le Messie. On peut dire que le geste de cette femme est une confession de foi.


Je l’ai déjà dit, le geste de cette femme annonce la mort de Jésus. On peut le comprendre de deux manières différentes …

Premièrement, Jésus annonce lui-même sa mort dans cet extrait de l’Evangile de Marc, puisqu’il parle déjà des huiles parfumées qui seront utilisées dans le tombeau.

Mais on peut penser aussi au sacrifice immense auquel cette femme consent, en versant d’un seul coup toute la bouteille d’un parfum très cher sur la tête de Jésus. Et ce sacrifice devrait nous rappeler celui de Jésus sur la croix.

Dans les deux cas, ce sont des actes gratuits mais d’une très grande valeur et qui auront de grandes conséquences.


Cette femme a probablement donné le plus cher de tous ses biens, l’essentiel de toute sa richesse. « Elle a fait ce qu’elle a pu … », comme dit Jésus. Mais le plus grand sacrifice qu’on puisse faire, c’est de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Et c’est bien ce que le Messie acceptera de faire, quelques heures plus tard.


Alors bien sûr qu’on aurait pu le vendre, ce parfum, et donner l’argent aux pauvres !

Mais à ce moment précis de son passage sur la terre, Jésus tient à souligner la valeur immense du don de cette femme à son égard. Il sait sa mort prochaine et le geste extravagant de cette femme, un geste a priori insensé, lui donne l’occasion d’un enseignement différent …

C’est cet enseignement que les paroissiens participants ont bien retenu dans leurs commentaires : La valeur du don n’est pas chiffrable. Ce n’est pas une donnée comptable.

Ce qui détermine la valeur du don, c’est ce qu’on a dans le cœur au moment de l’offrir.

Souvenez-vous du commentaire de Jésus, devant le temple de Jérusalem, lorsqu’il observait un homme riche qui versait beaucoup d’argent dans le tronc, puis une veuve qui ne donnait que quelques piécettes … Jésus avait dit : « cette femme a donné beaucoup plus que tous les autres, parce qu’elle a donné ce qui lui était nécessaire ».


Comme l’écrit l’un d’entre vous : « Chaque rencontre, chaque moment avec Jésus ou avec mon prochain est unique et peut être décisif. Je sais bien tout ce que je pourrais faire de la richesse des autres, mais ce qui compte, c’est ce que je fais de la mienne et ce que j’ai dans le cœur au moment de partager. Gardons-nous de juger les autres, mais réjouissons-nous de ce que chacun accepte de donner. »


Je vous livre encore une intéressante réflexion d’une paroissienne, qui a choisi de s’arrêter particulièrement sur le verset 3 :

« Ayant brisé le vase, elle répandit le parfum sur la tête de Jésus ».

Cette femme a osé s’approcher de Jésus autrement, de manière inattendue. Elle n’a pas brisé que sa bouteille de parfum, elle a aussi brisé des conventions. Et son attitude peut très bien être la nôtre aujourd’hui.

Jésus, par sa présence, peut bouleverser nos vies et briser nos préjugés. Dans nos vies, quand c’est la tempête comme sur le lac de Tibériade, nous sommes parfois nous aussi brisés.

Alors on vient à Jésus et il nous répond ! Les cassures et les fractures, dans nos vies, nous les vivons comme des échecs. Mais une bouteille brisée, c’est aussi une ouverture qui permet au parfum de se répandre, un espace qui se libère pour accueillir le Christ.


Jésus considère cette femme avec de l’affection, il prend sa défense, il la protège des médisances et il reconnaît la valeur de son geste. Un geste simple, qu’il fallait seulement oser et qui devient un geste de grande valeur, pas seulement pour la vie de cette femme, mais pour la vie de tous. Une démarche qui ouvre le chemin vers la Résurrection.


A la fin du texte de Marc, Jésus met encore le geste de cette femme en lien avec l’annonce de l’Evangile, lorsqu’il dit : « partout où la bonne nouvelle sera annoncée, dans le monde entier, on racontera en souvenir d'elle, ce que cette femme a fait. » Et il avait bien raison ! La preuve ?

Nous en parlons encore 2’000 ans plus tard, ce matin dans cette église !


De tout cœur, je remercie les personnes qui m’ont fait parvenir leurs idées sur ce texte. Elles ont permis la rédaction de mon message de ce matin, qui s’en trouve d’autant plus riche qu’il est une œuvre collective. En guise de conclusion, j’ai choisi de citer l’un des commentaires que j’ai reçus :


Cette personne m’écrit :

Il y a la loi, il y a la foi, et il y a le ressenti de chacun.

Mais tout ceci se résume par le « don de soi », ce que je peux offrir autour de moi chaque jour et ce que j’ai dans le cœur au moment de donner à l’autre.


Christophe Schindelholz


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